Mercredi dernier est sorti dans les salles le film de l'année : "Harvey Milk". Sean Penn, que d'ailleurs je n'avais jamais vu auparavant (non, je n'habite pas sur la Banquise), interprète magnifiquement le rôle de ce militant homosexuel qui gravit les échelons jusqu'au poste de conseiller municipal de la ville San Francisco. L'acteur a d'ailleurs reçu un Oscar pour ce film. Pendant, 2 heures, on assiste à toutes les étapes qui ont poussé cet homme, au premier abord introverti, apeuré, presque honteux de son orientation sexuelle, à devenir la voix de milliers d'hommes (et parfois de femmes; "je disais justement à Harvey que ça manquait de gouines ici..."). Etapes ponctuées d'épreuves personnelles. Le film ouvre de grandes voies de réflexion, tant sur les questions de la famille, des droits des homosexuels, que sur des interrogations plus générales : sans vous dévoiler le ressort du film, Harvey nous avoue avoir perdu trois de ses compagnons, suicidés, car il ne voulait pas avouer son homosexualité; il perdra Jack ( Palomino ou Etalônne) parce qu'il est trop exposé. Ainsi, de manière sous-jacente, Gus Van Sant, le réalisateur (Elephant) pose les jalons d'un réflexion autre : doit-on, peut-on se sacrifier, soi-même et ceux qui nous aiment, pour une cause générale? On connaît la fin, c'est presque une tragédie, Harvey meurt. Mais par pour ce que l'on croit. Un grand film, drôle, émouvant. En plus, ils nous ont fait un prix spécial. Vive la carte de fidélité.
J'oubliais, c'est une histoire vraie.



